Crises financières : krach, bulle, bank run, hyperinflation et choc pétrolier
Article vérifié le 18 octobre 2026. Les chiffres historiques viennent de banques centrales, du FMI, de l’AIE et d’Eurostat ; les garanties, du FGDR et du FGAP. Ce guide est pédagogique et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tout placement en actions comporte un risque de perte en capital.
Krach boursier, bulle spéculative, panique bancaire, hyperinflation, choc pétrolier : ces cinq crises n’ont ni les mêmes causes ni les mêmes effets. Un krach fait baisser vos actions, un bank run menace vos dépôts, l’hyperinflation détruit la valeur de la monnaie elle-même. Les confondre conduit à se protéger contre le mauvais risque.
Ce guide explique chacune avec la même méthode : définition, mécanisme, exemples historiques datés et sourcés, puis ce que cela change concrètement pour votre épargne. La dernière partie rassemble les protections qui servent dans tous les cas : garanties légales, épargne de précaution, diversification et règles écrites à l’avance.
Les cinq crises en un tableau
| Crise | Ce qui se passe | Ce qui est menacé | Protection principale |
|---|---|---|---|
| Krach boursier | chute brutale et désordonnée des cours | actions, ETF, fonds | horizon long, diversification, pas de levier |
| Bulle spéculative | prix déconnectés de la valeur, puis retournement | l’actif à la mode, souvent acheté tard | diversification, achats progressifs |
| Bank run | retraits massifs dans une banque | dépôts au-delà des garanties | garantie des dépôts : 100 000 € par client et par banque |
| Hyperinflation | plus de 50 % d’inflation par mois | monnaie, livrets, obligations à taux fixe | institutions solides, diversification des actifs |
| Choc pétrolier | flambée ou effondrement du prix du pétrole | budget, inflation, marchés | réserve de liquidité, budget, diversification |
Ces crises s’enchaînent souvent : une bulle éclate en krach, un krach fragilise des banques, un choc pétrolier relance l’inflation. Aucune protection unique ne couvre les cinq.
Krach boursier : quand les cours s’effondrent
Définition. Un krach boursier est une chute très rapide, profonde et désordonnée des marchés, avec une volatilité qui s’envole et des acheteurs qui disparaissent. Il n’existe aucun seuil légal. Par convention de marché, on parle de correction autour de −10 % depuis un sommet et de bear market autour de −20 % ; notre guide bull market et bear market détaille ces cycles. Un krach se reconnaît surtout à sa vitesse et à la désorganisation des échanges.
Mécanisme. Plusieurs ressorts se combinent :
- des valorisations élevées, qui rendent le marché sensible à une mauvaise nouvelle sur les bénéfices, les taux ou la croissance ;
- un choc : faillite, pandémie, guerre, crise de dette, choc pétrolier ;
- l’effet de levier : un investisseur endetté doit apporter des garanties quand les cours baissent ; s’il ne peut pas, ses positions sont vendues, ce qui accentue la baisse ;
- la liquidité qui disparaît : les écarts entre prix acheteur et vendeur s’élargissent et un ordre important fait davantage bouger le prix ;
- la contagion : on vend ce qu’on peut vendre, pas ce qu’on veut vendre, et la peur se propage d’un marché à l’autre.
Exemples historiques.
- Octobre 1929. Le Dow Jones perd près de 13 % le lundi 28 octobre, puis près de 12 % le 29. Il touche son point bas le 8 juillet 1932, à 41,22 points, 89 % sous son sommet du 3 septembre 1929 (Federal Reserve History). Le krach a participé à la Grande Dépression, sans en être la seule cause.
- 19 octobre 1987, « lundi noir ». Le Dow Jones perd 508 points, soit 22,6 %, la plus forte baisse en une séance de son histoire (Federal Reserve History). Cet épisode a conduit aux coupe-circuits : la Bourse de New York suspend aujourd’hui les échanges quand le S&P 500 perd 7 %, 13 % puis 20 % dans la séance.
- 2007-2009 et 2020. Le S&P 500 perd 57 % entre son sommet d’octobre 2007 et son creux de mars 2009 (Federal Reserve History). En 2020, les actions de la zone euro et des États-Unis perdent environ 35 % entre le 19 février et le 23 mars (BCE).
Ces épisodes montrent qu’une reprise peut suivre un krach. Ils ne prouvent pas que chaque action ou chaque indice retrouvera son sommet : une entreprise peut disparaître ou rester durablement dépréciée.
Krach boursier : ce que cela change pour votre épargne
- Séparez les horizons. L’argent dont vous aurez besoin dans les prochaines années ne doit pas dépendre d’un rebond boursier.
- Un ETF ne protège pas d’un krach. Il réduit le risque propre à une entreprise, mais suit la baisse de son marché.
- « Obligataire » ne veut pas dire « garanti ». Les obligations d’État de qualité amortissent certains krachs, pas tous ; une hausse des taux fait baisser le prix des obligations existantes.
- Le non-coté lisse l’affichage, pas le risque. SCPI et private equity peuvent baisser plus tard, avec des retraits ralentis.
- Évitez le levier. Il peut déclencher une vente forcée au pire moment.
- Pendant la baisse, vérifiez votre besoin de liquidité, revenez à votre allocation cible et rééquilibrez par paliers si votre plan le prévoit. Investir progressivement (DCA) réduit le risque d’entrer au mauvais moment, sans protéger d’une baisse durable.
- Un coupe-circuit organise la cotation ; il ne garantit ni rebond ni valeur minimale.
Bulle spéculative : quand les prix perdent pied
Définition. Une bulle spéculative est une hausse auto-entretenue : la hausse des prix nourrit l’anticipation de nouvelles hausses et attire de nouveaux acheteurs, jusqu’à éloigner les cours de ce que justifient les revenus, les bénéfices ou l’utilité de l’actif. On achète pour revendre plus cher, plus pour ce que vaut la chose. Une valorisation élevée ne suffit pas à prouver une bulle, et on ne l’identifie avec certitude qu’après coup.
Mécanisme. Les manuels décrivent souvent cinq phases : une innovation crédible, l’engouement, l’euphorie, les prises de profit des premiers entrés, puis l’éclatement. C’est une grille de lecture, pas un calendrier. Les travaux d’Hyman Minsky insistent surtout sur le crédit : la hausse améliore les garanties, facilite l’emprunt et attire des capitaux, puis la boucle s’inverse quand les prêteurs se retirent ou que les appels de marge forcent à vendre. Les biais humains l’alimentent : peur de rater l’occasion, effet moutonnier, excès de confiance, « cette fois, c’est différent ».
Exemples historiques (chiffres : FMI, document de travail WP/13/45, A. Scherbina, 2013, sauf mention contraire).
- Tulipes, Provinces-Unies, 1634-1637. Les prix des bulbes rares s’envolent, attirent les spéculateurs, puis s’effondrent en février 1637. L’ampleur économique de l’épisode a souvent été exagérée dans les récits populaires.
- Mississippi et mer du Sud, 1719-1720. En France, l’action de la Compagnie du Mississippi de John Law passe d’environ 500 livres en janvier 1719 à 10 000 livres en décembre 1719, avant de retomber à 500 livres en septembre 1721. En Angleterre, l’action de la South Sea Company monte de plus de 700 % au premier semestre 1720, puis termine l’année à environ 50 % seulement au-dessus de son niveau de janvier.
- Internet, 1995-2002. Le Nasdaq Composite passe de 775,20 points en janvier 1995 à un pic de 5 048,62 le 10 mars 2000, puis descend à 1 314,85 en août 2002, environ −74 %. Internet a bien transformé l’économie ; beaucoup des sociétés qui l’incarnaient en 2000 ont disparu.
- Immobilier américain, 2006-2009. Les prix des logements baissent d’environ 30 % en moyenne entre leur pic de mi-2006 et mi-2009 (Federal Reserve History). Crédit facile, titrisation et levier transforment cette bulle en crise financière mondiale.
Signaux d’alerte, à prendre ensemble et sans jamais en déduire une date : des prix qui montent bien plus vite que les revenus de l’actif, l’achat à crédit qui se généralise, de nouveaux acheteurs attirés surtout par les gains passés, et le discours selon lequel les règles de valorisation ne compteraient plus. Un actif cher peut continuer de monter longtemps.
Bulle spéculative : ce que cela change pour votre épargne
- Diversifiez. Un portefeuille réparti entre classes d’actifs, secteurs et zones, par exemple avec un ETF large comme le MSCI World, encaisse mieux l’éclatement d’une bulle sectorielle. Un indice pondéré par la capitalisation peut toutefois concentrer les valeurs les plus chères : vérifiez sa composition.
- Investissez progressivement plutôt que tout d’un coup après une forte hausse.
- N’investissez que dans ce que vous comprenez, et méfiez-vous des promesses de gains rapides et garantis.
- Ne spéculez jamais avec votre épargne de précaution. Elle vous évite de vendre en plein éclatement.
- Crypto-actifs : leurs cycles d’envolée et d’effondrement présentent des traits de bulle. N’y placez que ce que vous pouvez perdre.
Bank run : la panique bancaire
Définition. Un bank run, ou panique bancaire, survient quand de nombreux déposants retirent leur argent en même temps, par peur que leur banque fasse faillite. La peur peut provoquer la faillite qu’elle redoute.
Mécanisme. Une banque finance des crédits et des titres à long terme avec des dépôts retirables à vue. Elle garde des réserves et des actifs liquides, mais pas l’équivalent de tous ses dépôts disponible immédiatement. Si les retraits dépassent ses liquidités et sa capacité d’emprunt, elle doit vendre des actifs dans l’urgence, parfois à perte. Une banque solvable mais illiquide peut alors devenir insolvable. La panique est rationnelle à l’échelle de chacun (personne ne veut être le dernier à retirer) et destructrice à l’échelle collective. Les virements instantanés et les réseaux sociaux ont réduit ce délai de plusieurs jours à quelques heures.
Exemples historiques.
- États-Unis, 1930-1933. De novembre 1930 à août 1931, des vagues de panique frappent les banques américaines : après la chute du groupe Caldwell en novembre 1930, des centaines de banques suspendent leurs paiements en quelques semaines, et la Bank of United States ferme le 11 décembre 1930 (Federal Reserve History). La garantie fédérale des dépôts (FDIC) naît du Banking Act signé le 16 juin 1933.
- Northern Rock, Royaume-Uni, septembre 2007. Le 13 septembre au soir, on apprend que la Banque d’Angleterre soutient Northern Rock ; dès le lendemain, les clients font la queue devant les agences. La commission du Trésor de la Chambre des communes y voit la première panique bancaire britannique depuis l’époque victorienne (rapport « The run on the Rock », 2008).
- Silicon Valley Bank et Credit Suisse, mars 2023. SVB perd plus de 40 milliards de dollars de dépôts le 9 mars 2023 et en attend plus de 100 milliards de retraits le lendemain ; elle fait faillite le 10 mars. Ses dépôts étaient concentrés et en grande partie non assurés (Réserve fédérale, avril 2023). En Suisse, Credit Suisse, affaibli par des scandales et des pertes, subit des sorties de fonds très rapides, que la FINMA qualifie de « bank run numérique », avant sa reprise par UBS (FINMA, décembre 2023).
Bank run : ce que cela change pour votre épargne
En France, les banques sont supervisées par l’ACPR et, pour les plus grandes, par la Banque centrale européenne. Une panique généralisée reste peu probable, mais aucune banque n’est à l’abri. Les bons réflexes :
- Raisonnez par client et par établissement, pas par marque : la garantie des dépôts couvre 100 000 € par client et par établissement (détails dans les garanties légales). Plusieurs marques d’un même groupe peuvent ne former qu’un établissement ; le code établissement de votre RIB l’indique.
- Néobanques : vérifiez quel établissement agréé détient réellement vos fonds.
- Au-delà de 100 000 € de liquidités durables, répartissez-les entre plusieurs établissements.
- Gardez un second moyen de paiement dans une autre banque.
- Ne cédez pas à une rumeur : c’est ce comportement collectif qui déclenche les paniques.
Hyperinflation : quand la monnaie s’effondre
Définition. L’hyperinflation n’est pas une inflation élevée : c’est une rupture de la monnaie. La convention de l’économiste Phillip Cagan (1956), reprise notamment par la Banque de France, la définit comme une inflation de plus de 50 % par mois. À ce rythme, les prix sont multipliés par environ 130 en un an. La monnaie cesse de remplir ses fonctions : on la dépense ou on la convertit dès qu’on la reçoit.
Mécanisme. Un choc d’offre peut déclencher une forte inflation, mais l’hyperinflation s’installe en général quand un État ne peut plus financer ses dépenses et fait imprimer de la monnaie par sa banque centrale, dans un contexte de crise politique. Les recettes fiscales perdent leur valeur entre le moment où l’impôt est dû et celui où il est encaissé, ce qui creuse le déficit (effet Olivera-Tanzi). La monnaie s’effondre sur le marché des changes, renchérit les importations, et chacun fuit la monnaie, ce qui accélère encore les prix.
Exemples historiques.
- Allemagne, 1922-1923. Après la guerre, l’État finance ses déficits auprès de la Reichsbank, qui émet des billets bien plus vite que la production ne progresse (Bundesbank). L’hyperinflation est généralement datée d’août 1922 à novembre 1923. Le jour où le Rentenmark remplace le mark, en novembre 1923, les 154 milliards de marks de dette de guerre ne valent plus que 15,4 pfennigs (Bundesbank). La stabilisation a demandé l’arrêt du financement monétaire et un budget rétabli, pas seulement un nouveau billet.
- Hongrie, 1945-1946. L’hyperinflation hongroise détient le record mondial : le 10 juillet 1946, les prix doublent presque en onze heures. Le 1er août 1946, le forint remplace le pengő au taux de 400 000 quadrillions de pengős (4 × 10²⁹) pour 1 forint (Banque centrale de Hongrie, 2016).
- Zimbabwe, 2008. Selon la même étude de la banque centrale hongroise, seul le Zimbabwe s’est approché de ce record, en 2008.
Et la zone euro ? L’inflation annuelle y atteint 3,8 % en septembre 2026, contre 3,2 % en août, tirée par l’énergie (+18,9 % sur un an) (Eurostat, 16 octobre 2026). La BCE a relevé ses taux directeurs de 0,25 point le 10 septembre 2026 et ses services prévoient 3,0 % d’inflation en moyenne en 2026, 2,5 % en 2027 et 2,1 % en 2028. C’est une inflation trop élevée au regard de la cible de 2 %, mais sans commune mesure avec 50 % par mois.
Hyperinflation : ce que cela change pour votre épargne
Le risque d’hyperinflation dans la zone euro est très faible ; celui d’une inflation durablement au-dessus de 2 % est réel. Ce qui compte pour l’épargnant :
- Le rendement réel. Un livret à 1,7 % avec une inflation à 3,4 % en France (septembre 2026, indice harmonisé, Eurostat) fait perdre du pouvoir d’achat. Il garde son rôle de réserve, pas de placement de long terme. Un PEL a un taux fixé à l’ouverture, qui peut rester inférieur à l’inflation.
- Aucun actif ne protège à coup sûr. Les actions et l’immobilier sont des actifs réels, mais peuvent baisser avec la demande, les taux ou les contrôles de prix. Les obligations indexées suivent l’inflation avec retard et leur prix varie avec les taux. L’or ne produit aucun revenu et peut baisser pendant des années. Les crypto-actifs sont très volatils.
- Méfiez-vous des stratégies « anti-effondrement ». S’endetter pour « profiter » de l’inflation ou acheter des devises par peur est un pari, pas une protection.
- La protection la plus solide reste un budget maîtrisé, des dettes à taux fixe raisonnables, une réserve disponible et un patrimoine diversifié entre plusieurs classes d’actifs.
Choc pétrolier : quand l’énergie flambe
Définition. Un choc pétrolier est une variation brutale du prix ou de la disponibilité du pétrole, assez forte pour perturber l’inflation, les coûts des entreprises et l’activité. Il peut venir de l’offre (guerre, embargo, fermeture d’un détroit), de la demande (forte reprise, ou effondrement comme en 2020) ou des anticipations (prime de risque avant toute pénurie réelle).
Mécanisme. Le pétrole se transmet par trois canaux : directement (carburants, fioul), par les coûts (transport, engrais, plastiques, biens importés), puis par l’économie entière (consommation comprimée, marges réduites, taux d’intérêt). En France, une hausse de 1 % du prix de gros de l’essence se transmettait à 0,8 % au prix à la pompe, en trois semaines environ, sur la période 2007-2018 (Banque de France). Une hausse du baril de 10 € ajoutait environ 0,4 point à l’indice des prix, effets indirects compris (Banque de France, 2018). Quand les prix montent et que l’activité ralentit, le risque de stagflation augmente.
Exemples historiques.
- 1973 et 1979. L’embargo de producteurs arabes, puis la révolution iranienne, provoquent deux chocs. En 1973, les réductions de production font presque quadrupler le prix du baril, de 2,90 dollars avant l’embargo à 11,65 dollars en janvier 1974 (Federal Reserve History). Selon le gouverneur de la Banque de France, les prix à la pompe avaient monté de 70 % durablement après 1973, et de 60 % après le choc de 1979 (France 2, 25 mars 2026).
- 20 avril 2020. Le contrat à terme WTI de mai s’échange jusqu’à −40,32 dollars le baril en séance, à l’approche de son échéance, faute d’acheteurs et de stockage disponible à Cushing (EIA). Ce n’était pas le prix de tout le pétrole.
- 2022 et 2026. Après l’invasion de l’Ukraine, l’indice des prix de l’énergie (gaz et pétrole) atteint au troisième trimestre 2022 un pic de +84 % par rapport à fin 2021 ; le bouclier tarifaire a réduit l’inflation de 2,2 points en cumul sur 2022-2023 (Banque de France). En 2026, la fermeture du détroit d’Ormuz provoque une nouvelle crise : en octobre, l’AIE note un baril de Brent autour de 107 dollars, des stocks mondiaux inférieurs de 509 millions de barils à leur niveau de fin février et une demande mondiale attendue en baisse de 2,6 millions de barils par jour en moyenne en 2026 (AIE, Oil Market Report du 14 octobre 2026).
Choc pétrolier : ce que cela change pour votre épargne
- Mesurez votre exposition : kilomètres parcourus, chauffage, dépenses sensibles à l’énergie. Une baisse de consommation certaine vaut mieux qu’un pari sur le prochain mouvement du baril.
- Gardez une réserve liquide pour absorber la hausse des dépenses sans vendre vos placements.
- Une action pétrolière n’est pas un baril. Son cours dépend des coûts, de la fiscalité et de la gestion de l’entreprise, et peut baisser quand le pétrole monte.
- Méfiez-vous des produits indexés sur le pétrole : contrats à terme, frais, risque de change, parfois levier. Ils ne suivent pas le prix au comptant sur la durée.
- Ne vendez pas tout par peur. Un choc pétrolier peut faire baisser les marchés, mais aucun lien mécanique n’en fixe l’ampleur ni la durée.
Protéger son épargne face aux crises
Les garanties légales : dépôts, titres, assurance-vie
| Ce que vous détenez | Protection en cas de défaillance de l’établissement | Point d’attention |
|---|---|---|
| Comptes courants, comptes à terme, livrets bancaires, PEL, CEL | 100 000 € par client et par établissement, tous comptes additionnés (FGDR) | plusieurs marques d’un même établissement ne comptent qu’une fois |
| Livret A, LDDS, LEP | garantie de l’État, 100 000 € par client et par établissement, en plus de la précédente (opérée par le FGDR) | plafond distinct, non additionné aux autres comptes |
| Compte joint | partagé à parts égales entre cotitulaires, sauf convention contraire ; chaque part s’ajoute aux comptes personnels | 100 000 € par personne |
| Dépôt exceptionnel temporaire (vente d’un logement, succession, indemnité…) | jusqu’à 500 000 € supplémentaires par événement, pendant 3 mois après l’encaissement | dommages corporels non plafonnés |
| Titres (actions, obligations, OPCVM, SCPI) | 70 000 € par client et par établissement, si les titres ont disparu et que l’établissement ne peut pas les restituer | ne couvre jamais une baisse de marché ; les titres restent votre propriété |
| Assurance-vie et contrats de capitalisation | 70 000 € par assuré et par assureur, quel que soit le nombre de contrats (FGAP) | 90 000 € pour certaines rentes d’invalidité ou de décès |
Le FGDR indemnise les dépôts en 7 jours ouvrables au plus. Ne sont pas couverts par la garantie des dépôts : les crypto-actifs, les parts sociales de banques mutualistes, le contenu d’un coffre, les bons de caisse.
Sources : garantiedesdepots.fr (dépôts, titres), fgap.fr (FAQ), consultés le 18/10/2026.
Épargne de précaution et diversification
Deux règles servent face aux cinq crises :
- Une épargne de précaution disponible, sur des livrets réglementés garantis : elle couvre les dépenses imprévues et vous évite de vendre des placements en pleine baisse. Son montant dépend de vos revenus, de vos charges et de la stabilité de votre emploi.
- Une diversification réelle : entre classes d’actifs (livrets, obligations, actions, immobilier), entre zones et secteurs, et entre établissements. Multiplier des fonds qui détiennent les mêmes valeurs n’est pas diversifier. La diversification réduit certains risques ; elle ne supprime pas le risque de perte (AMF).
Un plan écrit avant la crise
Les décisions prises en pleine panique sont souvent les plus coûteuses. Écrivez à l’avance :
- l’horizon de chaque projet et la somme qui doit rester disponible ;
- votre allocation cible et la fourchette acceptable autour de chaque poche ;
- votre règle de rééquilibrage (date fixe, seuil, ou les deux) ;
- ce que vous ferez si la poche actions perd 10 %, 20 %, 30 % ou 50 % ;
- les frais, la fiscalité et le risque de change de chaque enveloppe.
Puis ne changez ce plan qu’après un changement dans votre vie, pas après un titre alarmiste. Un plan n’empêche pas les pertes ; il réduit le risque de prendre, sous stress, une décision contraire à vos objectifs. Notre article sur la psychologie de l’investisseur explique les biais qui poussent à vendre au plus bas.
Sources
Consultées le 18 octobre 2026 :
- Federal Reserve History — Stock Market Crash of 1929 ; Stock Market Crash of 1987 ; The Great Recession ; Banking Panics of 1930-31 ; Glass-Steagall Act (1933) ; Oil Shock of 1973-74.
- Banque centrale européenne — chute des marchés d’actions en 2020 (Economic Bulletin, 2020) ; décision de politique monétaire du 10 septembre 2026 ; projections des services de la BCE, septembre 2026.
- FMI — A. Scherbina, « Asset Price Bubbles: A Selective Survey », WP/13/45, 2013 ; S. Fischer, R. Sahay, C. Végh, « Modern Hyper- and High Inflations », WP/02/197.
- Réserve fédérale — Review of the Federal Reserve’s Supervision and Regulation of Silicon Valley Bank, avril 2023.
- FINMA — rapport sur la crise de Credit Suisse, décembre 2023.
- Chambre des communes, Treasury Committee — « The run on the Rock », 2008.
- Deutsche Bundesbank — Inflation : leçons de l’histoire.
- Magyar Nemzeti Bank — « 70 years of the forint: road from hyperinflation to price stability », 2016.
- Eurostat — inflation de la zone euro, septembre 2026 (16 octobre 2026).
- Banque de France — prix à la pompe et prix du pétrole (2022) ; impact du prix du pétrole sur l’inflation (2018) ; bilan du bouclier tarifaire (2024) ; intervention du gouverneur sur France 2 (25 mars 2026).
- U.S. Energy Information Administration — WTI négatif, 27 avril 2020.
- Agence internationale de l’énergie — Oil Market Report, 14 octobre 2026.
- FGDR — garanties des dépôts et des titres ; FGAP — foire aux questions.
- AMF — diversifier ses placements ; performances passées et futures.
FAQ : crises financières
Quelle est la différence entre un krach et un bear market ?
Un bear market désigne, par convention, une baisse d’environ 20 % depuis un sommet, parfois lente. Un krach est une chute brutale et désordonnée, sans seuil officiel. Un krach peut ouvrir un bear market, mais pas toujours.
Peut-on prévoir un krach ou l’éclatement d’une bulle ?
Non, pas de façon fiable. On peut repérer des valorisations tendues ou un crédit excessif, mais ni la date, ni l’ampleur, ni le point bas. Un actif cher peut continuer de monter longtemps.
Faut-il vendre ses actions pendant un krach ?
Pas automatiquement. La décision dépend de votre besoin de liquidité, de votre horizon et de votre allocation. Vendre peut se justifier si le portefeuille était inadapté ; vendre par peur transforme une perte latente en perte réelle.
Les ETF protègent-ils d’un krach ?
Non. Un ETF diversifié réduit le risque propre à une entreprise, mais il suit la baisse de son marché.
Mon argent est-il garanti si ma banque fait faillite ?
Vos dépôts éligibles sont couverts jusqu’à 100 000 € par client et par établissement, et vos Livret A, LDDS et LEP jusqu’à 100 000 € de plus, garantis par l’État. Le FGDR indemnise en 7 jours ouvrables au plus.
Une néobanque est-elle couverte par la même garantie ?
Oui si vos fonds sont des dépôts dans une banque adhérente au FGDR : vérifiez quel établissement détient réellement votre compte, c’est lui qui compte pour le plafond. Les comptes de monnaie électronique (type compte Nickel) ne relèvent pas de la garantie des dépôts.
L’assurance-vie est-elle garantie en cas de faillite de l’assureur ?
Le FGAP couvre jusqu’à 70 000 € par assuré et par assureur, tous contrats confondus. Cette garantie ne protège pas contre la baisse des unités de compte.
À partir de quand parle-t-on d’hyperinflation ?
Selon la convention de Cagan, au-delà de 50 % d’inflation par mois. Une inflation de 4 % ou même 10 % par an est douloureuse, mais ce n’est pas une hyperinflation.
La zone euro risque-t-elle l’hyperinflation en 2026 ?
Non selon les données disponibles : l’inflation annuelle atteint 3,8 % en septembre 2026 (Eurostat), au-dessus de la cible de 2 %, mais très loin de 50 % par mois.
L’or protège-t-il de toutes les crises ?
Non. Il peut diversifier un patrimoine, mais son prix est volatil, il ne rapporte aucun revenu et sa détention a des coûts. C’est une poche limitée, pas une assurance.
Un choc pétrolier provoque-t-il forcément une récession ?
Non. L’effet dépend de sa durée, de son ampleur, des stocks, de la dépendance énergétique et des politiques publiques. Il augmente le risque pour un pays importateur comme la France.
Quel est le meilleur moyen de se préparer à une crise financière ?
Une épargne de précaution disponible, des placements diversifiés, pas de levier excessif, un risque adapté à chaque horizon et des règles écrites à l’avance.
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