Bull market et bear market : définitions, différences, que faire en tant qu’épargnant

Illustration Épargne Facile : flèches montante et descendante, marché haussier ou baissier

Un bull market (marché haussier) est une hausse prolongée des cours ; un bear market (marché baissier), une baisse importante et durable. Le repère le plus cité est une variation de 20 % : +20 % depuis un creux pour un bull market, −20 % depuis un sommet pour un bear market. C’est une convention de marché, pas une règle économique ni un signal d’achat ou de vente.

Ce guide définit les deux phases et les distingue de la correction et du krach. Il donne des ordres de grandeur historiques sourcés et liste ce qu’un épargnant peut vérifier dans chaque situation.

Mis à jour le 18 octobre 2026. Contenu pédagogique, sans conseil personnalisé. Investir en actions comporte un risque de perte en capital.

L’essentiel en bref

  • Bull market : hausse d’au moins 20 % d’un indice large sur au moins deux mois, selon Investor.gov, le site d’éducation financière de la SEC américaine.
  • Bear market : baisse d’au moins 20 % d’un indice large sur au moins deux mois, selon la même source. D’autres retiennent le seul recul du sommet au creux.
  • Correction : baisse souvent comprise entre 10 % et 20 %. Krach : chute très rapide, sans seuil officiel.
  • Ordres de grandeur : selon S&P Dow Jones Indices, les 14 bear markets du S&P 500 depuis 1928 ont duré 19 mois en moyenne, pour une baisse moyenne de 38 %. Les écarts autour de cette moyenne sont très grands.
  • Aucune étiquette ne prédit la suite : ni la durée, ni le point bas, ni le prochain sommet.
  • En hausse : surveiller la concentration et l’écart à l’allocation prévue.
  • En baisse : vérifier d’abord l’épargne de précaution, l’horizon et l’absence de levier, avant toute décision.

Bull market : définition

Un bull market est une phase où les prix progressent durablement, avec des sommets et des creux de plus en plus hauts. Investor.gov le définit généralement comme une hausse d’au moins 20 % d’un indice large sur au moins deux mois, dans un climat optimiste. On parle aussi de « bull run » pour une hausse rapide, surtout dans l’univers des crypto-actifs. L’image du taureau, qui frappe de bas en haut, s’oppose à celle de l’ours, qui frappe de haut en bas.

Croissance des bénéfices, baisse des taux, liquidité abondante et appétit pour le risque peuvent soutenir une hausse, sans relation mécanique. Une baisse des taux n’est pas toujours favorable si elle accompagne une récession. Une hausse peut aussi se poursuivre alors que les valorisations sont déjà élevées. Pour comprendre les supports concernés, consultez notre univers bourse et PEA.

Bear market : définition

Un bear market est une baisse importante et durable des cours, accompagnée d’un pessimisme généralisé. Investor.gov retient généralement un recul d’au moins 20 % d’un indice large sur au moins deux mois. S&P Dow Jones Indices, qui calcule le S&P 500, parle de bear market dès un recul d’au moins 20 % depuis le plus haut. D’autres analystes regardent plutôt la durée, la succession de sommets et de creux descendants ou le nombre de valeurs en baisse.

Récession, hausse des taux, chute des bénéfices, crise du crédit ou choc géopolitique peuvent provoquer un bear market, sans être nécessaires ni suffisants. Un grand indice a historiquement fini par retrouver une phase haussière. Mais une action, un secteur, une devise ou un crypto-actif peut ne jamais revenir à son ancien sommet.

Bull, bear, correction, krach : les différences

TermeConvention couranteCe qu’il ne faut pas en déduire
Bull marketHausse d’au moins 20 % depuis un creux, souvent sur au moins deux moisQue la hausse va durer ou que l’actif reste bon marché
CorrectionRecul de 10 % à moins de 20 % depuis un sommetQu’elle sera brève ou sans conséquence
Bear marketRecul d’au moins 20 % depuis un sommet, souvent sur au moins deux moisQu’une récession est certaine ou que le point bas est proche
KrachChute très rapide et désordonnéeUn seuil chiffré universel ou une durée précise
RécessionRecul de l’activité économique mesuré par les statistiquesQue la Bourse et l’économie évoluent au même rythme

Ces mots décrivent des choses différentes : l’amplitude (correction, bear market), la vitesse (krach) et l’économie réelle (récession). Un krach peut ouvrir un bear market, s’y inscrire ou être vite effacé. Une baisse de plus de 20 % peut aussi se construire lentement, sans journée de panique. Aucun de ces termes n’a de définition légale. Pour les chutes brutales, voir notre guide du krach boursier.

Pourquoi le seuil de 20 % est imparfait

Une baisse de 19,9 % n’est pas économiquement différente d’une baisse de 20,1 %. Le seuil sert de langage commun aux médias et aux professionnels. Il ne dit rien de la valorisation, des bénéfices futurs, de la gravité d’une récession ou de la durée de la baisse.

La mesure dépend aussi de la série choisie :

  • Indice de prix ou dividendes réinvestis : le CAC 40 diffusé chaque jour est un indice de prix ; Euronext publie aussi des versions dividendes réinvestis.
  • Cours de clôture ou plus bas de séance : un indice peut passer sous −20 % pendant la journée sans clôturer sous ce seuil.
  • Devise : un indice américain peut baisser de 20 % en dollars et d’un montant différent en euros.
  • Sommet retenu : plus haut historique ou plus haut récent.

Deux commentateurs peuvent donc dater différemment le même épisode sans que l’un ait tort. Précisez toujours l’indice, les dates, la devise et la méthode.

Ce qui fait monter ou baisser les marchés

Les mêmes forces jouent dans les deux sens :

  • Bénéfices des entreprises : leur croissance soutient les cours ; leur révision à la baisse les pénalise.
  • Taux d’intérêt : une hausse rend les profits futurs moins attractifs et le financement plus cher.
  • Inflation : elle pèse sur les coûts, le pouvoir d’achat et la politique des banques centrales.
  • Crédit et levier : l’endettement amplifie la hausse, puis force les ventes à la baisse.
  • Valorisation et bulles : plus le prix payé est élevé, plus le retour à la normale peut être brutal.
  • Chocs externes : crise sanitaire, géopolitique, énergétique ou financière.
  • Psychologie : euphorie, peur de manquer la hausse, panique.

Ces facteurs se combinent. Le marché anticipe : il peut baisser avant que les statistiques économiques se dégradent, puis rebondir alors que les nouvelles restent mauvaises. Bourse et économie réelle ne sont ni identiques ni synchronisées.

Combien de temps durent un bull et un bear market ?

Il n’existe pas de durée type. Une étude de S&P Dow Jones Indices publiée en janvier 2023 porte sur les 14 bear markets du S&P 500 depuis 1928. Ils ont duré en moyenne 19 mois, avec une baisse moyenne de 38 % du sommet au creux. Selon la même étude, l’indice a gagné en moyenne 15 % sur les trois ans qui ont suivi le début d’un bear market, et le plus souvent cette période s’est terminée en hausse.

Ces moyennes masquent des écarts considérables. Le bear market de 2020 a été le plus court de l’histoire du S&P 500. Celui de 1929-1932 a duré près de trois ans. Les bull markets ont eux aussi des durées très variables : le plus long de l’histoire du S&P 500 a commencé après la crise financière de 2008 et s’est achevé avec le choc de 2020.

Ces statistiques portent sur un indice américain précis, en dollars. Elles changent selon la base de données, le point de fin retenu et la méthode. Elles ne permettent ni de dater le prochain point bas, ni de garantir qu’un investisseur récupère sa mise à son horizon.

Exemples historiques

ÉpisodeCe qui s’est passéOrdre de grandeurCe qu’il enseigne
1929-1932Krach d’octobre 1929, faillites bancaires, Grande DépressionDow Jones : −89 % entre le 3 septembre 1929 et le 8 juillet 1932 (Federal Reserve)Le krach n’explique pas seul la crise : crédit, banques et politique monétaire ont joué
2000-2002Dégonflement de la bulle InternetBaisse particulièrement forte des valeurs technologiquesUne innovation réelle n’empêche pas de surpayer
2007-2009Crise financière mondialeS&P 500 : −57 % du sommet au creux (S&P DJI)Le levier et le crédit transforment une baisse en crise du système financier
2009-2020Plus long bull market de l’histoire du S&P 500 (S&P DJI)—Une longue hausse ne protège pas d’un retournement brutal
2020Choc de la pandémieS&P 500 : −34 %, plus court bear market de son histoire (S&P DJI)Une baisse profonde n’est pas forcément longue
2022Inflation et hausse des tauxS&P 500 : plus de −25 % au pire moment, −18 % sur l’année civile (S&P DJI)Actions et obligations peuvent baisser en même temps

Les performances passées d’un indice ne préjugent pas de ses performances futures. Un indice qui se redresse ne garantit pas la reprise de chaque action qui le compose : des entreprises disparaissent, et la composition de l’indice change.

Le cycle des marchés et la psychologie

Les schémas « accumulation, hausse, euphorie, distribution, capitulation » sont pédagogiques, mais on ne les identifie avec certitude qu’après coup. La conjoncture, les bénéfices et les conditions financières interagissent avec les anticipations ; aucun diagramme de cycle ne permet de dater le retournement.

Peur de manquer la hausse, aversion aux pertes, effet de foule et biais de récence poussent à modifier son risque au mauvais moment. Cela ne veut pas dire qu’il faut toujours conserver : vendre peut être cohérent si l’objectif, l’horizon, le besoin de liquidité ou la thèse d’investissement a changé. L’important est d’appliquer une règle définie avant la panique ou l’euphorie. Notre article sur la psychologie de l’investisseur détaille ces biais.

Le piège du bear market rally

Au milieu d’une baisse, un rebond peut être violent : rachats de positions vendeuses, nouvelles moins mauvaises, changement d’anticipations. S’il est suivi d’un nouveau plus bas, on parlera après coup de « bear market rally ». En temps réel, personne ne sait si le rebond marque la reprise durable ou une simple pause.

Aucun indicateur technique, économique ou de sentiment ne lève cette incertitude. Une décision d’épargnant doit intégrer la valorisation, les bénéfices, la solidité financière des entreprises, les taux et votre horizon.

Que faire en bull market ?

En phase haussière, vérifiez surtout que la progression d’un actif ne vous a pas fait dépasser l’allocation prévue. Un portefeuille 60 % actions peut devenir 75 % actions après une forte hausse, sans que vous l’ayez décidé. Un rééquilibrage ramène le risque au niveau choisi, mais il peut entraîner des frais et de la fiscalité hors enveloppe.

Acheter uniquement par peur de manquer la hausse revient à concentrer son risque après une forte progression. À l’inverse, « sécuriser ses gains » n’est pas une règle universelle : toute vente renonce aussi à une hausse éventuelle. Comparez l’allocation cible, l’horizon, la fiscalité, les frais et la concentration. Une hausse passée ne rend ni l’actif bon marché ni sa poursuite certaine.

Que faire en bear market ?

  • Vérifier l’épargne de précaution : elle évite de vendre au plus bas pour financer un imprévu. Voir notre guide de l’épargne de précaution.
  • Revoir l’horizon : l’argent nécessaire dans les deux ou trois ans ne devrait pas dépendre d’une reprise boursière.
  • Contrôler l’allocation : mesurer la part d’actions, d’obligations, de liquidités, de secteurs, de zones et de devises.
  • Éliminer le levier : crédit, CFD ou produits à effet de levier peuvent forcer une vente et détruire la capacité d’attendre.
  • Rééquilibrer selon une règle : revenir aux poids cibles, sans parier sur un point bas exact.
  • Investir progressivement si le plan le prévoit : la stratégie DCA étale les points d’entrée, mais ne garantit ni un prix moyen favorable ni un gain.
  • Réexaminer chaque action détenue : une baisse de cours ne répare pas un bilan fragile.
  • Limiter le bruit : privilégier les documents officiels et un rythme de suivi compatible avec votre plan.

Une moins-value existe avant la vente ; la cession la constate fiscalement mais ne « crée » pas la perte. Conserver aveuglément une position dégradée peut coûter autant que vendre sous l’effet de la peur.

Un bear market est-il une opportunité ?

Des prix plus bas améliorent parfois les rendements futurs espérés, toutes choses égales par ailleurs. Mais les bénéfices peuvent baisser, les primes de risque monter, et certaines entreprises ne jamais retrouver leur niveau. Parler d’opportunité sans analyser l’actif et son prix reste incomplet.

Pour un investisseur diversifié de long terme, poursuivre un plan d’investissement compatible avec ses moyens peut être rationnel. Pour une personne proche d’un besoin de liquidités ou déjà surexposée aux actions, la priorité peut être de réduire le risque. Un ETF sur un indice large réduit le risque propre à une entreprise, pas le risque de marché.

Bull run et bear market en crypto

Sur Bitcoin, la récompense de bloc est divisée par deux tous les 210 000 blocs, soit environ tous les quatre ans : c’est le halving. Ce mécanisme réduit l’émission de nouveaux bitcoins, mais il ne fixe ni la demande ni le prix et ne garantit aucun cycle de quatre ans.

Les crypto-actifs connaissent des hausses et des baisses de plus de 20 % beaucoup plus fréquentes que les grands indices d’actions. Le vocabulaire « bull » et « bear » y est donc employé en permanence, sans valeur de prévision. Les cycles passés, l’arrivée des ETF et le halving ne constituent pas un modèle. Il faut ajouter le risque opérationnel (plateforme, conservation, piratage) au risque de prix.

Les erreurs à éviter

  • Vendre uniquement parce que le seuil de 20 % vient d’être franchi.
  • Acheter uniquement par peur de manquer la hausse, sans vérifier valorisation et concentration.
  • Supposer que toute baisse sera vite récupérée, ou que chaque actif retrouvera son sommet.
  • Utiliser du levier ou des CFD pour profiter d’un rebond.
  • Concentrer ses achats sur les titres qui ont le plus chuté sans analyser leur bilan.
  • Attendre un signal parfait avant de réinvestir, ou tenter de dater le sommet ou le creux.
  • Confondre seuil, durée et vitesse : correction, bear market et krach peuvent se chevaucher.
  • Confondre indice large et actions individuelles.
  • Négliger frais, fiscalité et risque de change.
  • Investir l’argent destiné à des dépenses proches.

Ce qu’il faut retenir

Bull market et bear market sont des descriptions utiles mais simplificatrices, qu’on ne peut dater qu’après coup. Le seuil de 20 % facilite le vocabulaire ; il ne remplace pas l’analyse de la tendance, de la valorisation et de votre situation. Les moyennes historiques (19 mois et −38 % pour les bear markets du S&P 500 depuis 1928, selon S&P DJI) cachent des épisodes très différents.

Une stratégie robuste repose sur la préparation plus que sur la prévision : épargne de précaution, allocation définie à l’avance, diversification, absence de levier et horizon cohérent. Pour une méthode plus générale, consultez notre dossier placements.

Sources

Définitions et chiffres vérifiés le 18 octobre 2026.

FAQ : bull market et bear market

Quelle est la différence entre un bull market et un bear market ?

Un bull market est une tendance haussière prolongée ; un bear market, une baisse importante et durable. Les repères les plus courants sont +20 % depuis un creux et −20 % depuis un sommet, souvent sur au moins deux mois. Ce sont des conventions, sans valeur légale ni prédictive.

À partir de quelle baisse parle-t-on de bear market ?

En général à partir de −20 % depuis le plus haut d’un indice large. Investor.gov (SEC) ajoute une durée d’au moins deux mois. Le résultat dépend de l’indice, des dates, de la devise et du choix entre cours de clôture et plus bas de séance.

Combien de temps dure un bear market ?

Il n’existe aucune durée fiable. Selon S&P Dow Jones Indices, les 14 bear markets du S&P 500 depuis 1928 ont duré 19 mois en moyenne. Celui de 2020 a été le plus court de l’histoire de l’indice, celui de 1929-1932 a duré près de trois ans.

Quelle différence entre correction, bear market et krach ?

Une correction désigne souvent une baisse de 10 % à moins de 20 %, un bear market une baisse de 20 % ou plus. Le krach décrit surtout la rapidité et la violence de la chute. Il n’existe pas de définition légale de ces mots.

Que faire pendant un bear market ?

Vérifiez d’abord votre épargne de précaution, votre horizon et l’absence de levier. Réexaminez ensuite votre allocation et la qualité de vos placements. Vendre n’est pas toujours de la panique et conserver n’est pas toujours rationnel : appliquez une règle fixée à l’avance.

Faut-il acheter en bear market ou en bull market ?

Ni l’une ni l’autre étiquette ne suffit. Une baisse peut offrir un prix plus faible mais refléter une détérioration durable ; une hausse peut se poursuivre ou se retourner. Investir régulièrement réduit le risque de choisir un mauvais jour, mais peut faire moins bien qu’un investissement immédiat.

Qu’est-ce qu’un bear market rally ?

C’est un rebond, parfois puissant, au milieu d’une tendance baissière, suivi d’un nouveau recul. On ne l’identifie qu’après coup. Un rebond ne prouve pas que le marché haussier a repris.

Comment savoir qu’un bear market est terminé ?

On ne le sait qu’après la formation durable d’un point bas et d’une reprise. Selon la convention d’Investor.gov, on parle de nouveau bull market après une hausse d’au moins 20 % depuis le creux, mais cela se constate toujours après coup.

Qu’est-ce que le halving et influence-t-il les cycles crypto ?

Le halving divise par deux la récompense de bloc de Bitcoin tous les 210 000 blocs, environ tous les quatre ans. Il réduit l’émission nouvelle, mais ne contrôle ni la demande, ni les taux, ni le risque. Quelques cycles observés ne permettent pas de prévoir un bull run.

Sommes-nous en bull market ou en bear market ?

Il n’existe pas un seul marché. À une même date, les indices d’actions, les secteurs, les obligations et les crypto-actifs ne suivent pas la même tendance. Pour répondre, il faut nommer un indice précis, mesurer son écart à son dernier sommet ou creux, et rappeler que l’étiquette ne dit rien de la suite.

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