Fiscalité de l’assurance-vie en 2026 : le guide complet

Assurance-vie guide pour comprendre et choisir

La fiscalité de l’assurance-vie en 2026 repose sur trois idées : l’impôt sur le revenu apparaît principalement lors d’un rachat, seule la part de gains comprise dans le retrait est taxable, et le contrat devient fiscalement plus favorable après huit ans. Une exception 2026 doit être comprise dès le départ : le PFU général est passé à 31,4 %, mais les contrats d’assurance-vie classiques comportant une valeur de rachat conservent des prélèvements sociaux à 17,2 %.

Mise à jour et vérification : 26 août 2026. Les taux ont été contrôlés sur impots.gouv.fr, dont la page assurance-vie a été modifiée le 8 avril 2026 et la fiche sur les retraits le 20 mars 2026. Ce guide présente le régime français courant ; les contrats anciens, non-résidents, bénéficiaires internationaux et situations particulières nécessitent une vérification individualisée.

Fiscalité de l’assurance-vie 2026 : le tableau essentiel

SituationImpôt sur le revenuPrélèvements sociauxTaux global courant
Aucun rachatPas d’IR sur les gains non retirésPrélevés annuellement sur le fonds euros ; différés sur les UCDépend du support
Rachat avant 8 ans, primes depuis le 27/09/201712,8 % par défaut ou barème global17,2 % pour l’assurance-vie classique30 % par défaut
Après 8 ans, gains dans l’abattement0 % après régularisation17,2 %17,2 % sur les gains concernés
Après 8 ans, part éligible au taux réduit7,5 %17,2 %24,7 %
Après 8 ans, fraction au-dessus du seuil12,8 %17,2 %30 %
Transmission avant 70 ans, régime 990 I152 500 € par bénéficiaire et par assuré, puis 20 % sur 700 000 € de part taxable et 31,25 % au-delà
Primes après 70 ans, régime 757 B30 500 € d’abattement global sur les primes, puis droits selon le lien de parenté ; produits en principe hors assiette 757 B

Ces taux ne s’appliquent pas au montant total retiré, mais à la quote-part de produits comprise dans le rachat. Les prélèvements sociaux déjà acquittés sur le fonds euros ne sont pas prélevés une seconde fois sur les mêmes produits.

Sans retrait, pas d’impôt sur le revenu — mais une nuance sociale

Les intérêts, dividendes et plus-values restent capitalisés dans le contrat sans impôt sur le revenu tant qu’aucun rachat taxable n’intervient. Vous pouvez également effectuer un arbitrage entre les supports sans déclencher l’imposition d’une cession comme sur un compte-titres.

Cette neutralité n’est pas absolue : sur un fonds en euros, les prélèvements sociaux sont généralement prélevés chaque année lors de l’inscription des intérêts. Sur les unités de compte, ils interviennent en principe lors du rachat ou du dénouement, selon les règles du contrat. « Pas de retrait, pas d’impôt » signifie donc surtout pas d’impôt sur le revenu sur les gains encore investis.

Comment calculer la part imposable d’un rachat

Un rachat partiel contient une part de capital et une part de gains. Seule cette dernière entre dans la base imposable. Le calcul tient compte de la valeur du contrat, des primes encore prises en compte fiscalement et des retraits antérieurs. L’assureur fournit normalement la ventilation sur le relevé fiscal.

Exemple simplifié : un contrat vaut 120 000 €, dont 100 000 € de primes fiscalement restantes et 20 000 € de gains. Un rachat de 12 000 € contient approximativement 2 000 € de gains : 12 000 × 20 000 / 120 000. La fiscalité porte sur 2 000 €, pas sur 12 000 €.

Un rachat partiel ne remet pas l’ancienneté fiscale à zéro. Seul le rachat total clôture le contrat. Pour un besoin temporaire, une avance sur assurance-vie peut parfois éviter un rachat, mais elle constitue un prêt rémunéré à rembourser et n’est pas toujours moins coûteuse.

Rachat avant huit ans : 30 % dans le cas courant

Pour les produits attachés à des primes versées depuis le 27 septembre 2017, un rachat avant le huitième anniversaire est soumis par défaut à 12,8 % d’impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux restent à 17,2 % pour les contrats d’assurance-vie classiques avec valeur de rachat, soit 30 % au total dans le cas courant.

L’assureur opère d’abord un prélèvement forfaitaire non libératoire. La taxation définitive est régularisée avec la déclaration de revenus. Une dispense de ce prélèvement peut être demandée sous conditions de revenu fiscal de référence et dans les délais, mais elle ne constitue pas une exonération de l’impôt finalement dû.

L’option pour le barème progressif est possible. Elle est toutefois globale pour les revenus mobiliers et plus-values concernés de l’année : on ne choisit pas le barème uniquement pour le contrat le plus favorable. Simulez l’ensemble du foyer avant de cocher la case 2OP. Notre guide de la flat tax 2026 explique cette option.

Après huit ans : abattement de 4 600 € ou 9 200 €

À partir de huit ans, le foyer bénéficie chaque année d’un abattement sur les produits retirés :

  • 4 600 € pour une personne imposée séparément ;
  • 9 200 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune.

L’abattement est annuel, commun aux produits imposables de l’ensemble des contrats du foyer et concerne l’impôt sur le revenu. Il ne supprime pas les prélèvements sociaux. Si l’assureur a prélevé 7,5 % à la source sur un produit finalement couvert par l’abattement, la déclaration permet normalement d’obtenir l’imputation ou la restitution correspondante.

Ne confondez pas montant du rachat et montant de l’abattement. Un couple peut retirer bien plus de 9 200 € si la part de gains contenue dans le rachat reste sous ce seuil. Utilisez notre simulateur d’assurance-vie pour estimer la ventilation, puis contrôlez-la avec l’assureur.

Le seuil de 150 000 € expliqué correctement

Pour les primes versées depuis le 27 septembre 2017 et les contrats d’au moins huit ans, la taxation à 7,5 % vise la fraction de produits correspondant au montant de primes relevant du seuil de 150 000 €. Au-delà, la fraction correspondante reste taxée à 12,8 %. L’abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 € s’applique avant cette ventilation.

Ce seuil ne se lit pas contrat par contrat. L’administration retient les primes versées sur l’ensemble des contrats concernés par un même contribuable, diminuées du capital déjà remboursé, appréciées au 31 décembre de l’année précédant la perception des produits. Les contrats alimentés avant et après septembre 2017 comportent donc plusieurs compartiments fiscaux.

Après 8 ansIR après abattementPS standard
Fraction correspondant aux primes dans le seuil7,5 %17,2 %
Fraction correspondant aux primes au-delà du seuil12,8 %17,2 %
Produits couverts par l’abattement annuel0 % après régularisation17,2 %

Versements antérieurs au 27 septembre 2017

Les produits attachés aux anciennes primes conservent le régime antérieur. Sur option, le prélèvement forfaitaire libératoire est de 35 % avant quatre ans, 15 % entre quatre et huit ans et 7,5 % après huit ans, hors prélèvements sociaux. À défaut d’option, le barème s’applique. Les contrats très anciens peuvent bénéficier d’exonérations ou de règles transitoires supplémentaires.

Avant un rachat important sur un contrat ancien, demandez à l’assureur une simulation distinguant chaque compartiment : primes avant septembre 2017, primes postérieures, produits correspondants et prélèvements sociaux déjà acquittés. Une approximation globale peut conduire à une mauvaise décision.

Pourquoi l’assurance-vie reste à 17,2 % en 2026

Depuis le 1er janvier 2026, le taux de droit commun des prélèvements sociaux est passé à 18,6 %. La DGFiP précise néanmoins que les produits attachés aux bons et contrats de capitalisation et aux contrats d’assurance-vie comportant une valeur de rachat et garantissant un capital à leur terme restent à 17,2 %.

Les contrats « rente-survie » et « épargne handicap » sont expressément exclus de cette exception et relèvent du nouveau taux de 18,6 %. Des exonérations particulières peuvent aussi s’appliquer, notamment selon certains événements ou contrats anciens. Il est donc plus exact d’écrire que l’assurance-vie rachetable standard reste à 17,2 %, plutôt que d’affirmer que toute assurance-vie est uniformément taxée à ce taux.

Fiscalité au décès : avant et après 70 ans

La transmission dépend de la date de souscription, de la date des primes, de l’âge de l’assuré au moment de chaque versement et de la qualité du bénéficiaire. Les règles ci-dessous décrivent les contrats modernes les plus courants. La clause bénéficiaire doit être rédigée en cohérence avec cette fiscalité.

Primes versées avant 70 ans : article 990 I

Pour les capitaux relevant de l’article 990 I du CGI, chaque bénéficiaire dispose d’un abattement global de 152 500 € pour un même assuré, tous contrats concernés confondus. Au-delà, le prélèvement est de 20 % sur les 700 000 premiers euros de part taxable, puis de 31,25 % au-delà.

Primes versées après 70 ans : article 757 B

Pour les contrats concernés, les primes versées après 70 ans bénéficient d’un abattement global de 30 500 €, partagé entre tous les bénéficiaires non exonérés et tous les contrats souscrits sur la tête du même assuré. La fraction excédentaire est soumise aux droits de mutation selon le lien de parenté. Les produits attachés à ces primes sont en principe exclus de l’assiette de l’article 757 B.

Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont exonérés du prélèvement de l’article 990 I et des droits de succession. L’assurance-vie n’est cependant pas intouchable : en l’absence de bénéficiaire déterminé ou en présence de primes manifestement exagérées, tout ou partie du traitement peut être remis en cause.

Checklist avant un rachat

  1. Vérifier la date exacte du huitième anniversaire et ne pas confondre ancienneté du contrat et date des versements.
  2. Demander la quote-part de gains comprise dans le rachat envisagé.
  3. Identifier les primes versées avant et après le 27 septembre 2017.
  4. Calculer l’abattement annuel encore disponible sur tous les contrats du foyer.
  5. Vérifier la fraction relevant du taux de 7,5 % et celle relevant de 12,8 %.
  6. Comparer PFU et barème sur l’ensemble des revenus concernés, pas isolément.
  7. Contrôler les prélèvements sociaux déjà payés sur le fonds euros.
  8. Conserver un matelas de sécurité avant d’investir, grâce à une épargne de précaution.

Notre verdict sur la fiscalité de l’assurance-vie

L’assurance-vie conserve en 2026 une fiscalité attractive, mais son avantage se construit avec le temps. Avant huit ans, la taxation courante de 30 % sur les produits retirés n’est pas particulièrement faible. Après huit ans, l’abattement annuel et le taux de 7,5 % sur la fraction éligible changent réellement l’équation.

La bonne stratégie n’est pas de poursuivre uniquement l’impôt minimal : elle consiste à choisir un contrat compétitif, des supports adaptés, des frais raisonnables et une clause bénéficiaire cohérente. Retrouvez nos analyses dans le dossier Assurance-vie, notre guide général et notre avis sur Linxea Avenir 2.

Sources officielles vérifiées

FAQ sur la fiscalité de l’assurance-vie

Quelle est la fiscalité de l’assurance-vie en 2026 ?

Sans rachat, les gains ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu. Avant huit ans, les produits liés aux primes versées depuis le 27 septembre 2017 sont généralement taxés à 12,8 % d’impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 30 %. Après huit ans, un abattement annuel et un taux de 7,5 % peuvent s’appliquer.

Pourquoi l’assurance-vie n’est-elle pas taxée au PFU de 31,4 % ?

Depuis 2026, les prélèvements sociaux de droit commun sont de 18,6 %, mais la DGFiP maintient à 17,2 % les produits des contrats d’assurance-vie classiques comportant une valeur de rachat. Avec 12,8 % d’impôt sur le revenu, leur taxation courante reste donc à 30 %. Rente-survie et épargne handicap relèvent toutefois de 18,6 %.

Quel est l’abattement après huit ans ?

L’abattement annuel sur les produits retirés est de 4 600 € pour une personne imposée séparément et de 9 200 € pour un couple marié ou pacsé imposé en commun. Il est commun à l’ensemble des contrats du foyer et supprime l’impôt sur le revenu, pas les prélèvements sociaux.

Le seuil de 150 000 € s’applique-t-il à chaque contrat ?

Non. Pour les primes versées depuis le 27 septembre 2017, le seuil s’apprécie sur l’ensemble des contrats concernés d’un même contribuable, après prise en compte du capital déjà remboursé et selon la situation au 31 décembre précédant la perception. Il sert à répartir les produits entre les taux de 7,5 % et 12,8 %.

Un rachat partiel fait-il perdre l’ancienneté du contrat ?

Non. Un rachat partiel conserve l’antériorité fiscale du contrat. Seul un rachat total le clôture. La fiscalité porte uniquement sur la quote-part de gains comprise dans le montant retiré, selon les compartiments de primes et l’âge du contrat.

Comment est taxée l’assurance-vie au décès avant 70 ans ?

Pour les capitaux relevant de l’article 990 I, chaque bénéficiaire bénéficie de 152 500 € d’abattement pour un même assuré, tous contrats concernés confondus. La part taxable est ensuite prélevée à 20 % jusqu’à 700 000 €, puis à 31,25 % au-delà. Les anciens contrats peuvent suivre d’autres règles.

Comment sont taxées les primes versées après 70 ans ?

Pour les contrats concernés par l’article 757 B, les primes versées après 70 ans bénéficient de 30 500 € d’abattement global, tous contrats et bénéficiaires non exonérés confondus. L’excédent relève des droits de succession selon le lien de parenté ; les produits attachés à ces primes sont en principe hors de cette assiette.

Faut-il choisir le PFU ou le barème progressif ?

Cela dépend de l’ensemble des revenus mobiliers et plus-values du foyer. L’option pour le barème est globale et matérialisée par la case 2OP. Elle peut être favorable avec une faible tranche d’imposition, mais doit être simulée sur tous les revenus concernés avant décision.

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