Bons du Trésor 2026 : BTF, OAT, rendement et risques

Les bons du trésor un guide complet pour les investisseurs

Les bons du Trésor sont des titres de dette émis par l’État. En France, les BTF financent le court terme et les OAT couvrent le moyen et le long terme. Leur risque de crédit est généralement faible, mais leur prix peut baisser, leur rendement réel peut être négatif et un fonds obligataire ne garantit pas le remboursement du capital à une date donnée.

Ce guide, vérifié le 27 août 2026, distingue coupon, prix et rendement, présente les dernières adjudications disponibles, l’accès des particuliers et la fiscalité. Il a une vocation pédagogique et ne constitue pas un conseil personnalisé.

Les bons du Trésor en bref

Les titres d’État servent de référence à de nombreux marchés. L’expression « taux sans risque » est une convention d’évaluation, pas une promesse d’absence de risque pour l’épargnant.

  • Définition : BTF et OAT sont des titres de dette de l’État français.
  • Accès : OAT disponibles aux particuliers sur le marché secondaire ; BTF non adaptés au détail.
  • Taux au 24 août 2026 : BTF adjugés entre 2,495 % et 2,832 % selon les lignes, avant frais et fiscalité.
  • Prix : coupon, rendement actuariel et prix de marché sont trois notions différentes.
  • Risques : taux, crédit souverain, inflation, liquidité et éventuellement change.
  • Fonds et ETF : diversification et liquidité, mais aucune garantie générale de capital.
  • Fiscalité 2026 : PFU de 31,4 % sur le compte-titres, sauf option globale pour le barème.

Qu’est-ce qu’un bon du Trésor ?

Une obligation d’État est une créance : l’investisseur reçoit les flux prévus et le nominal à l’échéance, sauf défaut ou restructuration de l’émetteur. Sur le marché secondaire, le prix payé peut être supérieur ou inférieur au nominal ; le rendement dépend donc du prix d’achat, du coupon, de l’échéance et des frais.

Les taux souverains servent souvent de référence pour comparer les obligations d’entreprises et valoriser d’autres actifs financiers. La comparaison doit toutefois utiliser une devise et une durée cohérentes : une OAT à dix ans n’est pas un substitut sans risque à une somme disponible demain.

BTF, OAT : les bons du Trésor à la française

En France, la dette de l’État se décline en deux grandes familles de titres, gérées par l’Agence France Trésor.

Les BTF, le court terme

Les BTF sont les titres négociables à court terme de l’État français, d’une maturité initiale inférieure ou égale à un an. Ils ne versent pas de coupon : l’intérêt est précompté et retranché du prix d’achat. Les soumissions aux adjudications portent sur au moins un million d’euros ; les BTF ne constituent donc pas un produit de détail accessible comme un livret.

Les OAT, le moyen et long terme

Les OAT couvrent des maturités de 2 à 50 ans. Les OAT à taux fixe versent un coupon annuel calculé sur le nominal, qui ne doit pas être confondu avec le rendement actuariel obtenu au prix du marché. Les OATi et OAT€i indexent leur nominal sur l’inflation française ou de la zone euro selon leurs modalités ; elles atténuent le risque d’inflation sur la durée, sans garantir un gain réel en cas de revente anticipée. Les OAT vertes financent des dépenses éligibles, mais présentent les mêmes risques de marché et de crédit que les autres titres de même signature.

Aux États-Unis, la même logique se décline en T-bills pour le court terme, T-notes et T-bonds pour le moyen et long terme, les références mondiales du genre.

Comment fonctionnent les émissions ?

L’Agence France Trésor émet les titres par adjudication. Les Spécialistes en valeurs du Trésor transmettent les offres ; le taux ou le prix d’adjudication résulte de la demande reçue. Le coupon affiché d’une OAT existante ne correspond donc pas nécessairement à son rendement du jour.

Un particulier ne soumet pas directement une offre aux adjudications. En revanche, l’AFT et Euronext organisent un marché secondaire des OAT accessible aux particuliers via une banque ou un courtier proposant ces titres. Les BTF restent inadaptés au détail. Fonds monétaires, fonds obligataires et ETF offrent une exposition collective, mais avec leurs propres frais et sans remboursement garanti au nominal d’une obligation précise.

Quel rendement attendre des bons du Trésor ?

Le rendement dépend des taux monétaires et obligataires, mais aussi des anticipations d’inflation, de la durée, du risque de crédit perçu, de l’offre et de la demande ainsi que de la liquidité. La courbe peut être inversée : une échéance plus longue ne rapporte donc pas toujours davantage.

Lors de l’adjudication du 24 août 2026, les taux moyens pondérés des BTF concernés étaient de 2,495 % à 2,502 % pour les deux lignes proches de trois mois, 2,675 % pour la ligne de six mois et 2,832 % pour celle proche de douze mois. À l’adjudication d’OAT du 20 août, les quatre lignes nominales 2029 à 2034 sont ressorties entre 3,17 % et 3,88 %. Ces chiffres AFT sont des résultats de marché primaire institutionnel, avant fiscalité et frais : ils ne constituent ni le rendement net d’un particulier ni celui d’un fonds, et deviennent rapidement obsolètes.

Vraiment sans risque ? La nuance qui change tout

C’est ici que notre article se distingue des présentations trop rapides. L’expression actif sans risque mérite d’être sérieusement nuancée, car elle ne vaut que sous conditions.

Le risque de taux apparaît lorsque les rendements de marché montent : le prix des obligations à taux fixe déjà émises baisse. L’effet est généralement plus fort pour une maturité longue. Une OAT détenue en direct peut rembourser son nominal à l’échéance, sous réserve de la solvabilité de l’État ; une revente anticipée peut en revanche produire une moins-value. Un fonds ou un ETF obligataire n’a généralement pas cette promesse individuelle de remboursement au nominal.

S’ajoutent le risque d’inflation, le risque souverain, le risque de liquidité et, pour les titres étrangers, le risque de change. Une OAT indexée suit un indice défini dans sa documentation, mais son prix de marché reste sensible aux taux réels. « Sans risque » signifie donc seulement qu’un taux souverain de référence est utilisé dans certains calculs financiers.

Comment investir dans les bons du Trésor en tant que particulier ?

Les OAT peuvent être achetées en direct sur le marché secondaire par l’intermédiaire d’une banque ou d’un courtier qui les référence. Avant l’ordre, vérifiez le prix en pourcentage du nominal, le coupon couru, le rendement actuariel, la taille minimale, le spread, les frais et l’échéance. Les BTF ne sont pas conçus pour l’investisseur de détail.

  1. Fonds monétaires. Ils investissent dans des instruments courts et cherchent une faible volatilité. Leur rendement suit les taux monétaires moins les frais ; le capital n’est pas garanti.
  2. ETF obligataires d’État. Ils répliquent un indice et fluctuent avec les taux, la duration, le crédit et parfois les devises. Comparez le DIC, les frais, le spread et l’indice avec notre guide des ETF.
  3. OAT en direct. Elles sont accessibles sur le marché secondaire via les banques et courtiers qui les proposent. Vérifiez le rendement actuariel et les coûts plutôt que le seul coupon.
  4. Fonds en euros. Ils détiennent notamment des obligations et offrent la garantie définie par le contrat d’assurance-vie, après frais. Cette garantie ne s’étend pas aux unités de compte obligataires.
  5. Fonds obligataires datés. Leur horizon est annoncé, mais le capital et le rendement ne sont pas garantis : défauts, ventes, frais et réinvestissements peuvent modifier le résultat.

Un fonds monétaire vise une faible volatilité à court terme mais son capital n’est pas juridiquement garanti. Un ETF obligataire fluctue avec son indice ; un fonds daté comporte des risques de défaut, de réinvestissement et de gestion. Pour l’épargne de précaution, les livrets réglementés restent plus lisibles et disponibles. Les obligations d’État ne doivent pas être confondues avec les obligations de crowdfunding, dont l’émetteur et le risque sont différents.

La fiscalité des bons du Trésor

Sur un compte-titres ordinaire, les intérêts et les plus-values imposables relèvent en principe du PFU de 31,4 % en 2026 : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. L’option globale pour le barème progressif reste possible. Les modalités de déclaration et d’imputation des moins-values dépendent de la nature du revenu ; consultez votre imprimé fiscal unique et notre guide sur la flat tax.

Une assurance-vie peut proposer un fonds en euros ou des unités de compte obligataires. Le fonds en euros bénéficie de la garantie prévue par l’assureur après application des frais contractuels ; les unités de compte, y compris obligataires, ne garantissent pas le capital. Le régime fiscal après huit ans peut être favorable selon les primes, les gains retirés et la situation du souscripteur, mais les frais du contrat doivent être comparés. Les obligations ordinaires et les ETF obligataires ne sont pas éligibles au PEA.

Bons du Trésor, livrets ou fonds en euros : que choisir ?

Comparons les trois grandes solutions de l’épargne sécurisée.

SupportGarantie / risqueLiquiditéFiscalité 2026
OAT en directNominal à l’échéance sous réserve de solvabilité ; prix variable avantMarché secondaire, spread et fraisPFU 31,4 % sur CTO, sauf option
Fonds ou ETF obligataireCapital non garanti ; sensibilité aux taux et au créditRachat ou cotation selon le supportCTO ou régime de l’enveloppe
Livret ACapital garanti ; taux de 1,7 % au 27 août 2026DisponibleIntérêts exonérés
Fonds en eurosGarantie et frais définis par le contratRachat selon les délais de l’assureurRégime de l’assurance-vie

Au 27 août 2026, le Livret A sert 1,7 % net d’impôt, avec un plafond de versements de 22 950 € pour un particulier. Une OAT ou un fonds peut afficher un rendement brut supérieur, mais supporte fiscalité, frais et variation de prix. Le fonds en euros offre la garantie définie par le contrat et une liquidité qui dépend de l’assureur. Le bon choix dépend donc de l’horizon, de la garantie nécessaire et du rendement net, pas du seul taux affiché.

Les erreurs fréquentes à éviter

  • Confondre obligation directe et fonds. Le fonds ne rembourse pas automatiquement votre mise au nominal à une échéance personnelle.
  • Ignorer l’inflation. Le rendement réel peut être négatif malgré un taux nominal positif.
  • Chercher un BTF comme un livret. Les BTF sont négociés sur un marché professionnel avec des montants importants.
  • Comparer seulement les coupons. Le rendement actuariel dépend du prix, de l’échéance et des flux.
  • Négliger frais et fiscalité. Ils peuvent inverser la comparaison avec un livret exonéré.
  • Appliquer une allocation universelle. La part obligataire dépend de l’objectif, de l’horizon et du risque accepté.

Les bons du Trésor, ce qu’il faut retenir

BTF et OAT forment l’essentiel de la dette négociable de l’État français. Les OAT sont accessibles aux particuliers sur le marché secondaire ; les BTF restent un marché professionnel. Les résultats d’adjudication donnent une photographie des taux, mais pas une promesse de rendement net pour l’épargnant.

Avant d’investir, distinguez une obligation détenue jusqu’à l’échéance d’un fonds sans échéance individuelle. Vérifiez le rendement actuariel, la duration, les frais, la fiscalité et la devise. Une poche obligataire peut diversifier un patrimoine, sans être obligatoire ni garantie.

Résumé des points clés

  • Les OAT sont accessibles aux particuliers sur le marché secondaire, contrairement aux BTF de détail.
  • Le coupon d’une OAT n’est pas son rendement actuariel au prix du jour.
  • Les adjudications sont organisées par l’Agence France Trésor via les spécialistes en valeurs du Trésor.
  • Le 24 août 2026, les BTF adjugés sont ressortis entre 2,495 % et 2,832 % selon les lignes.
  • Une revente avant l’échéance peut générer une perte ; un fonds obligataire n’a pas de nominal garanti.
  • Fonds monétaires, ETF et fonds datés ont des risques et frais propres.
  • Le PFU applicable sur compte-titres est de 31,4 % en 2026, sauf option globale pour le barème.

Sources et vérification 2026

FAQ : vos questions sur les bons du Trésor

Qu’est-ce qu’un bon du Trésor ?

Un bon du Trésor est un titre de dette émis par l’État. En France, les BTF couvrent le court terme et les OAT le moyen et le long terme. Le remboursement dépend de la solvabilité de l’État et le prix peut varier avant l’échéance.

Quelle est la différence entre BTF et OAT ?

Les BTF ont une maturité initiale inférieure ou égale à un an et ne versent pas de coupon. Les OAT couvrent 2 à 50 ans ; les OAT à taux fixe versent un coupon annuel. Le coupon ne doit pas être confondu avec le rendement actuariel obtenu au prix du marché.

Les bons du Trésor sont-ils vraiment sans risque ?

Non. Une OAT détenue en direct peut rembourser son nominal à l’échéance sous réserve de solvabilité, mais son prix fluctue avant cette date. S’ajoutent les risques d’inflation, de liquidité et éventuellement de change. Un fonds obligataire ne garantit généralement pas le capital.

Un particulier peut-il acheter des bons du Trésor ?

Oui pour les OAT : l’AFT a organisé un marché secondaire accessible via les banques et courtiers qui les proposent. Les particuliers ne participent pas directement aux adjudications et les BTF ne sont pas adaptés au marché de détail.

Quel est le rendement des bons du Trésor ?

Il change avec le prix, l’échéance et les taux de marché. Le 24 août 2026, les BTF adjugés par l’AFT sont ressortis entre 2,495 % et 2,832 % selon les lignes. Ces taux institutionnels sont bruts, datés et ne préjugent pas du rendement net d’un particulier ou d’un fonds.

Quelle est la fiscalité des bons du Trésor ?

Sur un compte-titres, intérêts et plus-values imposables relèvent en principe du PFU de 31,4 % en 2026, dont 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. L’option globale pour le barème reste possible. L’assurance-vie suit son régime propre.

Bons du Trésor ou Livret A : que choisir ?

Le Livret A sert 1,7 % net d’impôt au 25 août 2026, reste disponible et convient à l’épargne de précaution dans son plafond. Une OAT ou un fonds peut offrir un rendement brut différent, avec fiscalité, frais et variation de prix. Comparez le rendement net et le besoin de garantie.

Pourquoi dit-on que les bons du Trésor sont la référence des marchés ?

Les taux souverains servent de référence pour comparer des placements de même devise et de durée proche. Ils ne sont pas universellement sans risque : crédit, inflation, liquidité et taux restent à considérer.

Coupon et rendement actuariel : quelle différence ?

Le coupon est l’intérêt contractuel calculé sur le nominal de l’obligation. Le rendement actuariel tient compte du prix réellement payé, des coupons restant à recevoir, du remboursement à l’échéance et du temps. Une OAT à coupon élevé achetée au-dessus du nominal peut donc offrir un rendement inférieur à son coupon.

Que devient le prix d’une OAT quand les taux montent ?

Le prix d’une OAT à taux fixe déjà émise baisse généralement lorsque les rendements de marché montent, afin que son rendement redevienne compétitif. L’effet est plus marqué lorsque la duration est longue. Une détention jusqu’à l’échéance évite de cristalliser cette variation de prix, sous réserve de la solvabilité de l’État.

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