Le CAC PME : l’indice des petites valeurs françaises

CAC PME l'indice boursier des PME françaises

À côté du célèbre CAC 40 existe un indice bien plus discret, dédié aux petites et moyennes entreprises de la Bourse de Paris : le CAC PME. Créé en 2014 pour accompagner le lancement du PEA-PME, il regroupe des PME et ETI françaises et symbolise l’ambition de financer l’économie réelle. Une belle idée sur le papier. Mais soyons honnêtes dès le départ : en tant qu’indice investissable, le CAC PME a largement déçu, avec une performance médiocre que cet article ne masquera pas.

Ce guide vous explique ce qu’est le CAC PME, son lien avec le PEA-PME, comment il fonctionne, ce qu’il vaut réellement, et comment investir intelligemment dans les petites valeurs françaises. Cet article a une vocation d’information et ne constitue pas un conseil d’investissement. Rappel : investir en actions comporte un risque de perte en capital, accru sur les petites valeurs.

Le CAC PME en bref

Le CAC PME est l’indice boursier d’Euronext Paris dédié aux petites et moyennes entreprises françaises éligibles au PEA-PME.

  • Création : le 5 mars 2014, avec le lancement du PEA-PME.
  • Composition : de 20 à 40 PME et ETI françaises éligibles au PEA-PME.
  • Calcul : par Euronext, pondéré selon la capitalisation flottante.
  • Ticker : CAPME. Une version dividendes réinvestis existe (CAC PME DR).
  • Critères : moins de 5 000 salariés et chiffre d’affaires inférieur à 1,5 milliard d’euros.
  • Performance : décevante, nettement inférieure au CAC 40.
  • Enveloppe associée : le PEA-PME, à la fiscalité avantageuse.

Qu’est-ce que le CAC PME ?

Le CAC PME est un indice boursier dédié aux plus petites capitalisations françaises, publié par Euronext, la principale Bourse de la zone euro. Là où le CAC 40 rassemble les géants, le CAC PME se concentre sur les petites et moyennes entreprises (PME) et les entreprises de taille intermédiaire (ETI).

Il a été lancé le 5 mars 2014, en réponse à la création du PEA-PME sous le gouvernement de l’époque, avec un objectif politique clair : flécher une partie de l’épargne des Français vers les PME-ETI nationales, afin de soutenir leur financement et l’emploi dans les territoires. Le CAC PME est ainsi le premier d’une famille d’indices Euronext dédiés au PEA-PME. Il suit de 20 à 40 entreprises françaises éligibles, cotées sur Euronext Paris, et son cours évolue en continu pendant les heures de marché.

Comment le CAC PME est-il calculé ?

Comme tous les indices d’Euronext, le CAC PME est pondéré par la capitalisation boursière flottante, c’est-à-dire la part des actions réellement disponibles à l’achat. Les plus grosses des petites valeurs y pèsent donc davantage.

Pour intégrer l’indice, une entreprise doit respecter les critères d’éligibilité du PEA-PME : employer moins de 5 000 salariés, et réaliser un chiffre d’affaires inférieur à 1,5 milliard d’euros ou présenter un total de bilan inférieur à 2 milliards d’euros. La sélection tient aussi compte des volumes échangés. Ces critères, assez larges, ont d’ailleurs causé quelques dysfonctionnements au lancement de l’indice, avant qu’il ne se stabilise.

Un point important à connaître : la valeur du CAC PME publiée par Euronext est un indice de prix, qui ne tient pas compte des dividendes. Il existe une version dividendes réinvestis, le CAC PME DR (Dividend Return), qui reflète mieux la performance totale, comme nous l’expliquons pour tout indice.

Le lien avec le PEA-PME

Impossible de comprendre le CAC PME sans parler du PEA-PME, dont il est le miroir boursier. Le PEA-PME est un plan d’épargne en actions spécifique, créé pour investir dans les PME et ETI, avec la même fiscalité avantageuse que le PEA classique.

Concrètement, après cinq ans de détention, les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % restant dus, contre un prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % sur un compte-titres ordinaire, comme l’explique notre article sur la flat tax. Le plafond de versement du PEA-PME est de 225 000 euros, sachant que le total cumulé d’un PEA et d’un PEA-PME ne peut dépasser ce même montant. Détail intéressant, le PEA-PME peut aussi accueillir certains produits de financement participatif, comme des obligations de crowdfunding immobilier éligibles. Les modalités figurent sur le site des impôts.

La performance du CAC PME, sans complaisance

Voici la partie que les présentations enthousiastes passent sous silence. En tant qu’indice, le CAC PME a réalisé une performance médiocre depuis sa création. Même en intégrant les dividendes, sa progression n’a été que de l’ordre de 1 % par an, un résultat très décevant.

La comparaison est cruelle. Sur la même période, le CAC 40 a fait nettement mieux, et un indice concurrent de petites valeurs françaises, le MSCI France Small Cap, a affiché une performance annualisée bien supérieure, de l’ordre de 7 % par an. Autrement dit, le problème ne vient pas de la classe d’actifs des petites valeurs en elle-même, mais de la construction du CAC PME, jugée peu optimale. Pour qui veut s’exposer aux small caps françaises, le CAC PME n’est donc pas forcément le meilleur véhicule.

Les petites valeurs comme classe d’actifs

Il faut distinguer l’indice CAC PME, décevant, de l’intérêt plus large des petites valeurs. Historiquement, les petites et moyennes capitalisations peuvent surperformer les grandes sur le long terme, car elles offrent un plus fort potentiel de croissance et sont moins suivies par les analystes, ce qui crée des opportunités. Elles apportent aussi une diversification au-delà des grands indices.

Mais cette prime de performance a un revers : les petites valeurs sont plus volatiles et moins liquides que les grandes, et plus sensibles aux retournements de conjoncture. Les petites valeurs françaises ont d’ailleurs traversé une période difficile ces dernières années. S’y exposer demande donc un horizon long, une bonne tolérance au risque et une diversification soignée. Pour comprendre l’instrument de base, revoyez notre article sur les actions.

Comment investir dans les petites valeurs françaises ?

Plusieurs approches existent, à choisir selon votre profil.

Via un ETF, en regardant au-delà du CAC PME

Un ETF permet de s’exposer à un panier de petites valeurs en une seule ligne, à frais réduits. Il existe des trackers sur le CAC PME, mais compte tenu de sa performance décevante, il peut être judicieux de regarder des ETF répliquant des indices small et mid cap mieux construits, comme ceux basés sur le MSCI France Small Cap ou des indices européens de valeurs moyennes, dont certains sont éligibles au PEA ou au PEA-PME.

Via le PEA-PME, pour la fiscalité

Pour loger ces investissements, le PEA-PME offre la meilleure fiscalité après cinq ans. C’est l’enveloppe naturelle pour les petites valeurs françaises éligibles. Pour ouvrir un PEA-PME ou un compte adapté, comparez les offres grâce à notre comparatif des plateformes pour investir en bourse et à notre guide pour choisir un courtier.

En sélectionnant des titres en direct

Les investisseurs avertis peuvent choisir eux-mêmes des PME-ETI éligibles, à la recherche de futures pépites. Mais cette approche est risquée et chronophage : les petites valeurs sont volatiles, parfois peu liquides, et demandent une analyse approfondie. La diversification y est essentielle.

Les limites et risques du CAC PME

C’est la partie la plus importante de cet article.

  • Une performance décevante. L’indice a sous-performé le CAC 40 et d’autres indices de petites valeurs.
  • Une construction perfectible. Ses critères larges et son nombre réduit de valeurs limitent sa pertinence.
  • La volatilité des small caps. Les petites valeurs montent et descendent plus violemment que les grandes.
  • Le risque de liquidité. Certaines petites valeurs s’échangent peu, ce qui complique l’achat et la vente.
  • Un indice de prix. La version médiatique exclut les dividendes et sous-estime la performance.
  • La sensibilité à la conjoncture. Les PME souffrent davantage en cas de ralentissement économique.

CAC PME ou CAC 40 ?

La comparaison est éclairante. Le CAC 40 rassemble des géants internationaux, plus stables, plus liquides et plus généreux en dividendes, mais à la croissance plus mesurée. Le CAC PME, lui, vise des petites valeurs au potentiel de croissance théoriquement supérieur, mais avec plus de risque, et un historique de performance qui a déçu.

Pour la plupart des épargnants, un socle solide sur les grandes valeurs, via un ETF CAC 40 ou un ETF mondial en PEA, reste la base. Une exposition aux petites valeurs peut venir en complément, sur une part mesurée du portefeuille, idéalement via un véhicule plus performant que le seul CAC PME. La clé est la diversification.

Les erreurs fréquentes à éviter

  • Croire que le CAC PME capture la performance des small caps. D’autres indices ont fait bien mieux.
  • Surpondérer les petites valeurs. Leur volatilité impose une part mesurée du portefeuille.
  • Oublier le risque de liquidité. Certaines petites valeurs sont difficiles à revendre rapidement.
  • Négliger le PEA-PME. Pour ces valeurs, c’est l’enveloppe la plus avantageuse fiscalement.
  • Confondre indice de prix et performance réelle. Regardez la version dividendes réinvestis.
  • Investir sans diversifier. Une seule petite valeur peut s’effondrer ; multipliez les lignes.

Le CAC PME, ce qu’il faut retenir

Le CAC PME part d’une intention louable : orienter l’épargne vers les PME françaises et leur donner une vitrine boursière, adossée au PEA-PME et à sa fiscalité avantageuse. À ce titre, c’est un symbole utile du financement de l’économie réelle.

Mais comme placement, il faut être lucide : l’indice lui-même a déçu, sous-performant nettement le CAC 40 et d’autres indices de petites valeurs. Cela ne condamne pas la classe d’actifs des small caps, qui garde un potentiel et un intérêt de diversification, mais invite à regarder au-delà du CAC PME pour s’y exposer. Comme toujours en bourse, la diversification, l’horizon long et la lucidité sur les risques priment sur l’attrait d’un nom.

Résumé des points clés

  • Le CAC PME est l’indice d’Euronext Paris dédié aux petites et moyennes valeurs françaises.
  • Il a été créé en 2014 pour accompagner le lancement du PEA-PME.
  • Il regroupe de 20 à 40 entreprises éligibles, pondérées par la capitalisation flottante.
  • Sa performance a été décevante, nettement inférieure au CAC 40 et à d’autres indices de small caps.
  • Le problème vient surtout de la construction de l’indice, pas de la classe d’actifs.
  • Le PEA-PME offre une fiscalité avantageuse pour investir dans ces valeurs.
  • Mieux vaut s’exposer aux petites valeurs via un véhicule plus performant que le seul CAC PME.

FAQ : vos questions sur le CAC PME

Qu’est-ce que le CAC PME ?

Le CAC PME est l’indice boursier d’Euronext Paris dédié aux petites et moyennes entreprises françaises éligibles au PEA-PME. Créé en 2014, il regroupe de 20 à 40 valeurs et symbolise le financement des PME-ETI par l’épargne, par opposition au CAC 40 qui rassemble les grandes capitalisations.

Quel est le lien entre le CAC PME et le PEA-PME ?

Le CAC PME a été lancé en 2014 en même temps que le PEA-PME, dont il est le miroir boursier. Ses critères d’éligibilité sont calqués sur ceux du PEA-PME. Le PEA-PME est une enveloppe fiscale qui exonère les gains d’impôt sur le revenu après cinq ans, seuls les prélèvements sociaux restant dus.

Quels sont les critères d’éligibilité au CAC PME ?

Une entreprise doit respecter les critères du PEA-PME : employer moins de 5 000 salariés, et réaliser un chiffre d’affaires inférieur à 1,5 milliard d’euros ou présenter un total de bilan inférieur à 2 milliards d’euros. Elle doit être cotée sur Euronext Paris, et la sélection tient compte des volumes échangés.

Quelle est la performance du CAC PME ?

Elle a été décevante. Même en intégrant les dividendes, le CAC PME n’a progressé que d’environ 1 % par an depuis sa création, bien moins que le CAC 40 et que d’autres indices de petites valeurs comme le MSCI France Small Cap, qui a affiché environ 7 % par an. Le problème vient surtout de la construction de l’indice.

Comment investir dans le CAC PME ?

Vous pouvez passer par un ETF répliquant l’indice, idéalement logé dans un PEA-PME pour la fiscalité. Toutefois, compte tenu de sa performance décevante, il est souvent préférable de choisir un ETF de petites valeurs mieux construit, ou de sélectionner des titres en direct, en diversifiant et en acceptant le risque accru.

Le CAC PME est-il un bon placement ?

L’indice lui-même a déçu, sous-performant nettement le CAC 40. La classe d’actifs des petites valeurs garde un potentiel de croissance et un intérêt de diversification, mais mieux vaut s’y exposer via un véhicule plus performant que le seul CAC PME, sur une part mesurée du portefeuille et avec un horizon long.

Quelle différence entre le CAC PME et le CAC 40 ?

Le CAC 40 rassemble les 40 plus grandes capitalisations françaises, internationales, stables et généreuses en dividendes. Le CAC PME vise les petites et moyennes valeurs, au potentiel de croissance théoriquement supérieur mais plus risquées et volatiles. Historiquement, le CAC PME a nettement sous-performé le CAC 40.

Qu’est-ce que le CAC PME DR ?

Le CAC PME DR (Dividend Return) est la version de l’indice qui réinvestit les dividendes. Contrairement au CAC PME classique, qui est un indice de prix excluant les dividendes, le CAC PME DR reflète la performance totale. C’est cette version qu’il faut regarder pour juger la vraie performance de l’indice.

Les petites valeurs sont-elles plus risquées ?

Oui. Les petites et moyennes capitalisations sont plus volatiles et moins liquides que les grandes, et plus sensibles aux retournements économiques. En contrepartie, elles offrent un potentiel de croissance supérieur sur le long terme. Elles conviennent à un investisseur averti, sur une part mesurée et bien diversifiée de son portefeuille.

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